Événements·Un peu de tout

Foodcamp Québec 2012 : les foodies sont comblés.

Quelle journée intense, mes amis. Par où commencer? Il y a tellement à dire! De grands chefs cuisiniers tellement sympathiques et accessibles, des dégustations et encore des dégustations, des kiosques de produits du terroir et articles de cuisine de haute qualité, deux écrans géants, un caméraman et une caméra avec vue en plongée sur les recettes qui se déroulaient en direct sous nos yeux, une organisation incroyable, … Chapeau. Je suis complètement emplie de satisfaction. Laissez-moi vous raconter mon Foodcamp à moi.

VENDREDI 27 AVRIL : COCKTAIL DE LANCEMENT

On débute le Foodcamp Québec à l’Hôtel Château Laurier avec un petit cocktail de lancement pour faire grimper l’excitation (comme si on n’était pas déjà assez énervés comme ça!). Un petit verre de Chianti, un cocktail moléculaire de La Tanière (vous êtes jaloux hein?) et de succulents sushis de Sushi Taxi nous seront servis.

Le cocktail était à base de rhubarbe et de Gin d’Ungava (oui oui, nous avons maintenant notre gin québécois), avec une sphérisation de gingembre au fond, et le tout étant couronné d’un espuma de Blanche de Chambly, saupoudré de piment d’argile que l’on fait pousser en Gaspésie et qui est séché sur les toits de grange, et de Poppers, ces petits bonbons qui pétaient dans notre bouche quand on était kid. Vous voyez, déjà à l’âge de 8 ans, nous mangions de la bouffe moléculaire…

J’y aurai rencontré des gens très sympathiques de Saint-Hyacinthe (Annick, Pierre-Luc et Dominic, merci pour votre agréable compagnie!), ainsi que Jade-Éva et mon super partner de volleyball, Sylvain, que l’on aperçoit ci-dessous (mesdames, je crois qu’il est célibataire… et tellement gentil!). Je n’ai pu m’empêcher de prendre en photo la sphérisation, la plus grosse qui m’ait été donnée de voir à ce jour. Ce n’était pas très appétissant à regarder, mais la douce explosion de gingembre en bouche fut une expérience gustative très agréable.

SAMEDI 28 AVRIL : LE FOODCAMP

On nous reçoit une fois de plus en grandes pompes à l’Hôtel Château Laurier avec des bagels, du saumon fumé (10 livres!), une petite émulsion de fromage à la crème, de la confiture, du café et une dizaine de kiosques. J’arrive tout juste à l’heure des présentations, too bad pour le petit cadeau offert aux lèves-tôt (soit une tasse Be Coffee et un tablier de Fiou offert aux 70 premiers participants).

PREMIÈRE PRÉSENTATION : LE MYSTÈRE INSONDABLE DU PÂTÉ CHINOIS

Ma journée débute, je dois l’avouer, péniblement avec une conférence plutôt académique. Aouch, too much wine et pas assez de dodo la veille = misère à ingurgiter des mots tel que « patrimonialisation ». Heureusement, mon cerveau s’éveille progressivement et mon désarrois disparaît rapidement, me voilà plongée dans le monde merveilleux de monsieur Jean-Pierre Lemasson. Ce dernier est l’auteur du livre « Le mystère insondable du pâté chinois ». Il a passé deux années à chercher les origines réelles du pâté chinois et a découvert 17 hypothèses, dont l’une que je trouve particulièrement intéressante (non, ce n’est pas celle de la construction des chemins de fer de l’ouest canadien avec les travailleurs chinois) : la première recette de pâté chinois qu’il a recensé se trouve dans un livre de recette datant de 1941, où les patates étaient remplacées par du riz… du riz, les chinois… Ça fait du sens, non? Monsieur Lemasson n’aura finalement jamais percé le mystère et la question reste sans réponse.

DEUXIÈME PRÉSENTATION : FRANÇOIS BLAIS DU BISTRO B

Voilà une des grandes vedettes de la journée, François Blais, chef propriétaire du Bistro B, et ancien chef  exécutif du Panache. Monsieur Blais  était accompagné d’une représentante de Émeu Charlevoix et d’une autre du Vignoble Ste-Pétronille. Il nous a préparé un surprenant tartare d’émeu.  Très relax avec sa chemise à carreaux déboutonnée (comme me le fait remarquer ma copine célibataire Catherine), monsieur Blais nous a tout de même laissé découvrir un chef accessible mais exigeant et combatif. C’est ce qu’on découvre quand il nous raconte qu’instaurer le Panache Mobile sur l’Île d’Orléans n’aura pas été une tâche facile. Il mise sur les produits locaux, comme la plupart des chefs présentés durant la journée, d’ailleurs. Une autre surprise, des serveurs envahissent les allées avec des plateaux pleins de verrines contenant du tartare d’émeu… Oh que je suis émeu… j’veux dire émue!

TROISIÈME PRÉSENTATION : FRÉDÉRIC LAPLANTE DE LA TANIÈRE

Nous voilà avec le chef propriétaire Frédéric Laplante de La Tanière à Québec, accompagné de sa conjointe Karen Thérrien et d’une représentante du vignoble Carone. La Tanière est un restaurant qui offre de la cuisine dite boréale, c’est-à-dire qui met l’accent sur les produits locaux. Karen Thérrien était en fait la filleul de l’ancien propriétaire du restaurant qui avait déjà 25 ans d’histoire, et avec son conjoint, ils ont repris l’entreprise et actualisé la cuisine. Monsieur Laplante nous a préparé une bouchée comprenant une petite salade de quinoa, une feuille d’oignon qui me semblait confite, une tuile de parmesan, une petite boule de pain toute mignonne et la vedette, une sphérisation dont le cœur était en mousse de perdrix trempée dans l’azote liquide et enveloppée de gelée à la cerise et à l’amélanchie (une baie du Québec un peu plus aigre que le cassis). Désolée, sur la photo, ma pelure d’oignon s’était déjà envolée… dans mon estomac. On nous a également servi un pinot noir Venice 2009 du vignoble Carone il va sans dire, et dans un vrai verre, s’il-vous-plaît. Menoum!

À notre sortie, juste avant la pause du dîner, qu’est-ce qui nous attendait? Une petite bouchée tomate et caviar… Mais comment ils ont fait pour nous gâter autant?

QUATRIÈME PRÉSENTATION : SÉBASTIEN CAMUS, PÂTISSIER DE L’HÔTEL CHÂTEAU LAURIER

On aura droit ici à une présentation carrément artistique du pâtissier Sébastien Camus de l’Hôtel Château Laurier, accompagné d’un DJ. Celui-ci présentera le montage de quatre desserts, tous faits à partir des mêmes ingrédients. J’y ai dénombré le bleuet qui était à l’honneur, accompagné de crumble, de coulis, de chocolat, de cerises de terre et parfois de crème brûlée.  Le tout était monté et présenté sur une table tournante, et une fois chaque dessert complété, le pâtissier se coordonnait avec le DJ invité qui mixait en même temps que la table tourne. La fin du spectacle fut couronnée par l’envol d’un bleuet en sucre soufflé, jumelé au lancer de balons dont la nacelle était composée d’une enveloppe de petits chocolats, dispersés dans l’assistance. Encore une dégustation pour nous. Sourire! Toutefois, je dois avouer que malgré tous les efforts de préparation que cette prestation a nécessité, je préfère tout de même la proximité des autres chefs qui s’adressaient à nous durant leur démonstration.

CINQUIÈME PRÉSENTATION : DANNY ST-PIERRE DE CHEZ AUGUSTE

Voilà THE vedette, le fameux Danny St-Pierre, chef propriétaire du restaurant Auguste à Sherbrooke. Vous savez, il a fait une publicité « mets d’la crème« ? Monsieur St-Pierre a choisi de nous faire le dépeçage d’un poulet entier. La démonstration débute par une petite citation du genre « faut bien les traiter ces petites bêtes, c’est vivant », dit-il en brandissant le poulet avec les deux ailes, et du coup, les abats glissent  et tombent d’un beau « FLOC » sur la planche… Fou rire géréral, ça commence bien et ça sera comme ça tout le long. Le chef ne se prend pas au sérieux, on est entre nous autres et l’humour est au rendez-vous. J’adore. Sa présentation se terminera par la distribution d’une petite bouchée de poulet à la Kiev à tomber par terre. La vie est belle, et on arrête pas de se le répéter depuis le début de la journée.

Que je suis chanceuse, j’ai droit à un magnifique « allo » accompagné d’un sourire pour ma photo…

SIXIÈME PRÉSENTATION : DNA ET TOAST!

Deux chefs nous démontrent à tour de rôle leur savoir-faire, accompagnés d’un représentant de la Société Orignal. Sur le site Internet de cette Société qui privilégie une fois de plus les produits locaux, on n’y lit pas le mot « mission » ou « qui sommes nous » mais bien « manifeste« , ce qui (je soupçonne) en dit long sur leurs valeurs et sur le pélerinage qu’ils ont dû faire pour bâtir leur entreprise. Mais après avoir reniflé leur épice d’aulne cripsé, oh… Ça me donne le goût d’aller marcher en forêt et cueillir tout ce qui sent bon…

Le sous-chef Phil Viens du restaurant DNA nous a préparé une bonne vieille sandwich au baloney. Vous avez bien lu, ba-lo-ney. Mais voyez un peu la version haute gastronomie sur la photo du centre : baloney maison, graines de moutarde façon caviar… Ou-la-la! Et une autre surprise pour nous : une sandwich au baloney du restaurant DNA que les serveurs distribuent une fois de plus dans la salle. Merci mon ti Jésus, j’ai la peau du ventre bien tendue…

Ensuite, le chef propriétaire du restaurant Toast!, Christian Lemelinnous présente à tour de rôle une recette à base de fromage Mauvaise Herbe, puis un panna cotta, (dessert italien qui veut dire « crème prise ») au sirop d’érable de la Société Orignal, un sirop bouilli avec des branches mortes à 72 degrés plutôt que 60 degrés, ce qui nécessite 54 litres d’eau d’érable au lieu des 40 litres utilisés pour les sirops traditionnels, pour en arriver au litre du produit fini. Il terminera en beauté avec un torchon de foie gras. On aura droit à de petites bouchées de Mauvaise Herbe, de panna cotta et sirop d’érable cité plus haut, mais oh! Pas de bouchée de fois gras. On comprendra qu’à 300 personnes, ça aurait fait sauter le budget pour la journée!

Voilà pour les démonstrations des chefs. Je dois vous faire part d’une dernière chose à leur sujet, chose qui illustre bien le bonheur que nous, les trippeux de bouffe, avons vécu. Plusieurs chefs se sont arrêtés en cours de présentation et nous demandaient « Vous êtes toujours là? » tellement la salle était silencieuse. Ils craignaient sans doute que leur présentation soit sans intérêt pour les spectateurs, eux étant si habitués à faire et refaire ces petits gestes dans leur quotidien. La foule entière répondait spontanément en choeur « ouiiiii », et les chefs, ébahis de nous voir boire leurs paroles, continuaient… Vous voyez le topo? C’était franchement une journée magique.

LES KIOSQUES

Près d’une dizaine d’entreprises ont eu pignon sur corridor lors de cette journée. Tous nous ont partagé leur savoir-faire, nous ont fait goûter, humer, toucher leurs beaux objets de convoitise… Les voici :

Thermomix : le rêve du Kitchenaid devient tout à coup pâlotte à côté de cette fabuleuse machine qui pèse, émulsionne, pulvérise, pétrit, mixe, hache, broye, coupe, cuit, jujote, cuit à la vapeur, filtre vos aliments… alouette! J’y ai goûté une crème de zucchinis fa-bu-leu-se préparée en seulement 10 minutes, et un beurre de noisette dont seuls les dieux devraient y avoir droit. À 1600$ pièce le Thermomix, commencez à économiser dès aujourd’hui.

– Le Nektar, situé à Québec, nous a fait goûter à un café terreux, Terroir, et l’autre plus fruité, Social. En y goûtant, malgré qu’on ait une Saeco à la maison, j’ai réalisé à quel point je ne connais pas le café… My god, c’était tellement bon!

Les Cupcakes de Coquelikot, qui nous ont fait goûter à des centaines et des centaines de mini cupcakes… Ah! Mes fesses!

Morille Québec, de jeunes passionnés de Chicoutimi qui distribue des champignons déshydratés de toute sortes partout au Québec. J’y ai d’ailleurs obtenu une recette de crème brûlée au foie gras et aux morilles… Ayayay…

Mlle Cupcake a fait une petite apparition vers l’heure du dîner, avec d’autres mini cupcakes… Ah! Bis!

Doyon Cuisine, un partenaire important de l’événement, qui offre des accessoires de cuisine qui sortent de l’ordinaire tel des siphons, des accessoires pour la cuisine moléculaire… Ils sont à Québec et je me promets de visiter leur boutique très bientôt.

Carone, un vignoble de Lanaudière qui produit des vins rouges vraiment très très bons (oui, oui, des vins rouges québécois, vous avez bien lu). Je n’ai pu résister à l’achat de deux bouteilles de Rosso Classico à un prix très raisonnable de 15$ la bouteille, que je sirote d’ailleurs en écrivant ces lignes.

Terroirs Québec qui offre un inventaire impressionnant de produits du Québec : farine de chanvre, sirop de bouleau, tartinade de bleuet, tisanes, foie gras… Miam!

Mentionnons également les délicieux biscuits de Lady Kookie, et encore une fois les sushis de Sushi Taxi… Oh, mon ventre…

La journée s’est finalement terminée par un cocktail teinté de la Barberie, en compagnie, entre autres, de deux copines de mes anciennes vies du primaire et de l’époque universitaire, qu’on nommera ici le club des beautés désespérées de la rive-sud, Tiffanie, Carolyne et Catherine (Tiffanie, je viens de te déménager). Merci les filles d’avoir partagé votre contagieuse bonne humeur avec moi… Y qu’on a du fun entre pitounes gourmandes, hein? La vie est belle! On se fait définitivement un cinq service potluck cet été.

Donc un autre cadeau pour tout le monde durant le cocktail, une bonne bière froide  de la Barberie et encore quelques bouchées de Mauvaise Herbe, baloney et panna cotta. Est-il nécessaire de le mentionner, je n’ai pas soupé ce soir-là, et j’ai couru mon 5km en me levant le lendemain pour me déculpabiliser de toute cette abondance magnifique de nourriture. J’en salive encore en écrivant ces lignes.

Bravo à Francis Laplante, le grand homme derrière cette idée et le blogueur derrière tranchedepain.com, à Isabelle Genest, à Sylvie Isabelle, à Stéphanie Léveillé et à Rémy Charest qui ont organisé cet événement. Vous nous avez fait vivre une journée hors du commun. Mon billet ne m’a coûté que 35$, mais je serai prête à payer 100$ ou plus pour vivre la même expérience l’an prochain. Et prenez-vous de bonne heure si vous voulez vos places, les billets vont s’envoler plus vite que ceux du show de Madonna…

En terminant, un clin d’oeil pour les mordus : je vous recommande l’écoute de l’émission La Capitale Blogue du dimanche 29 avril où Michelle Monette reçoit Caroline Déscoste (blogueuse du site Je Suis Snob et chroniqueuse au journal Le Soleil) qui résume très bien la journée. Écoutez l’émission en cliquant ici.

PS: les recettes seront sur le site de Foodcamp Québec.

Et… Bon appétit!

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